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Le longboard, c’est l’âme originelle du surf. Né dans les eaux d’Hawaii au début du XXᵉ siècle et popularisé par Duke Kahanamoku, ce surf long et fluide a traversé les décennies avant de connaître un retour en grâce spectaculaire dans les années 2010. Aujourd’hui, en 2026, il s’impose comme l’alternative stylée et cool aux shortboards : plus accessible pour débuter, plus expressif pour styliser, et infiniment plus indulgent dans les conditions molles que connaît la majorité de nos sessions européennes. Ce guide vous accompagne pour choisir le longboard adapté à votre niveau, votre morphologie et votre style, des classiques noseriders aux performance longboards modernes.

Flat lay comparaison dérives longboard : single fin, 2+1 et thruster

Sommaire

Qu’est-ce qu’un longboard de surf ?

Le longboard est la planche fondatrice du surf moderne. Bien plus qu’une planche longue, c’est une philosophie de glisse : prendre la vague tôt, dérouler de longues trajectoires, marcher sur le nose, jouer avec le rythme de la vague plutôt que de la fragmenter.

Longueur : 9’0 minimum, parfois jusqu’à 11′

Par convention, un vrai longboard mesure au minimum 9 pieds (2,74 m). Les classiques tournent autour de 9’4 à 9’8, certains modèles type tanker atteignent 10’6 voire 11′. En dessous de 9 pieds, on parle de mid-length ou mini-mal — c’est une autre famille, hybride entre longboard et shortboard.

Forme : round nose, wide template, single fin classique

Le longboard se reconnaît à sa silhouette généreuse : nose arrondi et large (souvent 18-19 pouces), wide point centré ou légèrement avancé, volume conséquent (60 à 90 litres), épaisseur d’environ 3 pouces. Cette générosité offre la stabilité indispensable au noseride et à la rame longue distance.

Longboard vs shortboard : vitesse vs facilité de prise de vague

Là où le shortboard exige une vague creuse et un take-off engagé, le longboard prend la vague tôt, glisse sur les déferlantes les plus molles et offre une stabilité incomparable. En contrepartie, il pivote moins vite, accepte mal les vagues creuses puissantes et impose un autre rapport au temps : on ne fragmente pas la vague, on l’épouse.

Héritage culturel : Duke, Hawaii et la renaissance moderne

Le longboard porte une histoire dense. Duke Kahanamoku, surfeur hawaïen et champion olympique de natation, l’a exporté au monde dans les années 1910-1920 sur de lourdes planches en bois de koa. La culture du noseride a explosé en Californie dans les années 1960 (films Endless Summer, shapers Robert August, Hap Jacobs), avant un purgatoire shortboard dans les années 1970-80, puis une renaissance massive depuis les années 2000.

Les 4 grands styles de longboard

Avant de choisir une planche, il faut clarifier le style de surf visé. Ces quatre familles couvrent l’essentiel du marché 2026.

Classic Noserider (9’4 à 10′, flat rocker, single fin)

C’est la planche du noseride pur : rocker plat, rails 50/50 arrondis, nose très volumineux (concave en dessous pour aspirer la planche sur la vague), single fin de 9 à 10 pouces. Idéale pour les vagues longues et molles européennes, pour styliser ses sessions et travailler les cross-step. Modèles iconiques : Robert August What I Ride, Takayama In The Pink.

Performance Longboard / HPLB (9’0 à 9’6, plus rocker, tri-fin parfois)

Le High Performance Longboard est la version moderne et radicale. Rocker plus prononcé, rails plus fins en arrière, tail en pintail ou round-pin, setup 2+1 ou tri-fin. Permet de réaliser des manœuvres proches du shortboard (cutbacks engagés, off-the-lips) tout en conservant la rame et la prise de vague d’un longboard. Cible : surfeurs intermédiaires à confirmés qui veulent ride fort.

Mid-length / Mini-mal (7’0 à 8’6, hybrid maniable)

Entre le shortboard et le longboard, le mid-length offre un compromis très en vogue 2026. Plus court (7’0 à 8’6), plus volumineux qu’un shortboard, il rame très bien, prend la vague tôt et pivote bien plus qu’un 9’4. C’est le format préféré des débutants évolutifs et des surfeurs voyageurs qui veulent un seul board pour tout faire.

SUP-board hybride

Certaines planches de 10′ à 11′ acceptent une utilisation Stand Up Paddle et longboard. Volume très important (130 à 180 L), insert pour pagaie, gros single fin central. Niche, mais utile pour ceux qui cumulent les deux pratiques sur des spots calmes.

Choisir la longueur selon votre profil

La longueur idéale dépend de trois variables : votre taille, votre poids et votre niveau. Aucune ne se suffit à elle-même.

Méthode taille rider (taille + 90 cm minimum classique)

Règle empirique éprouvée : longueur de planche = taille du rider + 90 cm minimum pour un classique. Concrètement, un rider de 1,75 m vise au minimum 2,65 m (8’8 à 9’0). Pour un noserider pur, on ajoute encore 15-30 cm pour bénéficier du volume au nose.

Méthode poids (volume L vs poids kg)

Plus précise : viser un volume planche égal à 0,9 à 1,1 fois votre poids en kg pour un longboard polyvalent. Un rider de 75 kg ciblera 70 à 85 L. Pour débuter, monter à 1,2-1,4× (90-105 L sur 75 kg) facilite la rame et la prise de vague.

Niveau (débutant = plus long et plus volumineux)

Plus vous débutez, plus vous voulez long, large et volumineux. Un débutant complet est mieux servi par un 9’6 mini-mal ou soft-top de 9’0 avec 90 L que par un noserider strict 9’4 à 65 L. À l’inverse, un longboarder confirmé travaillera sur une planche plus serrée, plus exigeante en placement.

Flat lay de comparaison des dérives de longboard : single fin, 2+1 et tri fin

Le shape : rocker, rails, tail

Le shape (la forme) détermine le comportement de la planche bien plus que les dimensions brutes. Trois éléments structurent ce comportement.

Rocker : courbure du deck

Le rocker, c’est la courbure longitudinale de la planche vue de profil. Rocker plat = noserider (la planche tient la trajectoire, accroche au nose) ; rocker plus prononcé = manœuvrabilité (la planche pivote plus vite mais perd en vitesse). Sur un longboard noserider, on cherche un nose-rocker quasi nul (4-5 cm sur 30 cm de bout) et un tail-rocker modéré.

Rails : 50/50 classiques vs down rails performance

Les rails (les bords de la planche) déterminent l’accroche dans la vague. Rails 50/50 (arrondis, symétriques) sur les classiques noseriders : la planche flotte, glisse, ne mord pas trop. Down rails (cassés en bas, plus fins) sur les HPLB : la planche accroche, permet des bottom turns plus radicaux et des cutbacks vifs.

Tail : square, round, pintail

Le tail (arrière) affecte la libération de l’eau et donc la pivotabilité. Square tail classique : stable, généreux, idéal noserider. Round tail : compromis polyvalent. Pintail : nerveux, accroche bien dans la vague creuse, typique des HPLB et certains gros tankers de gun-longboard.

Setup ailerons : single, 2+1, tri-fin

Le setup d’ailerons (les fins) modifie radicalement le comportement d’un longboard. Une même planche peut se ride très différemment selon le setup choisi.

Single fin classique (style fluide noserider)

Le single fin est le setup historique, le plus pur. Un seul aileron central de 9 à 10 pouces, à dérive (souvent flexible). Avantages : glisse fluide, longues trajectoires, sensation de pivot autour de l’aileron. C’est le setup obligatoire pour un noseride authentique. Boîtier standard : US Box.

2+1 (single + 2 side bites — polyvalent)

Setup intermédiaire très populaire : un single fin central de 7 à 8 pouces flanqué de deux petits side bites de 3,5 à 4,5 pouces. Compromis idéal entre la fluidité du single et l’accroche du tri-fin. On peut surfer en single pur en retirant les side bites pour une session noseride, puis remettre les bites pour des conditions plus engagées.

Tri-fin (performance et radicalité)

Setup shortboard classique adapté aux HPLB : trois ailerons de taille équivalente (cluster). Accroche maximale, virages serrés, manœuvres radicales. Sacrifie la glisse fluide et le noseride au profit de la performance pure.

Marques de fins de référence

Les fabricants reconnus : True Ames (référence historique single fin, modèles Greenough, Hobie), Captain Fin Co. (gamme moderne signée Tyler Warren, Alex Knost), FCS Performer (système FCS II universel), Rainbow Fin Company (artisanat américain). Un changement de fin transforme la planche : investir dans 2-3 ailerons différents vaut souvent mieux que changer de planche.

Matériaux : PU vs époxy, fibres

Le matériau détermine le ressenti (flex, lourdeur), la durabilité et le prix de votre longboard.

PU classique (flex, feel)

Le PU (polyuréthane) avec résine polyester est le matériau historique. Sensation chaude, flex naturel, ressenti précis sur la vague. Inconvénients : plus lourd (8 à 12 kg sur un 9’6), plus fragile aux chocs (pressures, dings), jaunit au soleil. Reste le choix privilégié des shapers classiques et des puristes du noseride.

Époxy (légère, plus durable)

L’époxy (mousse EPS + résine époxy) est plus légère (6 à 9 kg sur un 9’6), plus résistante aux chocs et au jaunissement, plus flottante à volume égal. Sensation un peu plus rigide, ressenti parfois jugé moins « vivant ». Excellent pour voyager, débuter, ou si l’on craint les dings.

Bamboo / soft-top (débutant, école)

Les soft-top (deck mousse EVA, dessous polyéthylène dur) règnent en école de surf et chez les débutants. Légers, presque indestructibles, sécurisants (pas de blessure en cas de choc). Limite : sensation très éloignée d’une vraie planche, plafond de progression rapide. Excellent pour les 50 premières sessions, à revendre ensuite.

Top marques longboard 2026

L’équipe Likeepic a testé et observé ces marques sur les line-ups français et californiens. Voici les références incontournables.

Robert August (héritage Endless Summer)

Shaper californien légendaire, immortalisé par le film Endless Summer. Ses planches What I Ride et Spoiler sont des classiques noseriders racés, rocker plat, single fin. Tarif neuf 1500-2200 € selon finition.

Donald Takayama (japonais légendaire)

L’un des shapers les plus respectés de l’histoire. Modèles cultes : In The Pink, Model T, Scorpion. Précision de shape inégalée, héritage hawaïen, prix premium 1800-3500 €.

Bing Surfboards

Bing Copeland, shaper californien des années 1960, marque toujours active sous la direction de Matt Calvani. Modèles Pintail Lightweight, Levitator, Sunfish. Esthétique vintage soignée, planches très feel. Tarifs 1600-2800 €.

Hap Jacobs

Légende californienne, shaper depuis les années 1950. Ses Jacobs 422 et Lance Carson Model sont des références noserider. Toujours shapé en atelier à Hermosa Beach. 1700-3000 €.

Channel Islands Mid-length

L’incontournable Channel Islands (Al Merrick) propose une gamme mid-length contemporaine : CI Mid, CI Mid Twin. Modernes, performants, accessibles en surf shop européen. 800-1300 €.

Stewart Surfboards

Bill Stewart, shaper californien prolifique. Ses Hydro-Hull et Redline sont des longboards très polyvalents, excellent rapport qualité-prix neuf 1100-1700 €.

Budget et où acheter

Le budget d’un longboard varie de 250 € (soft-top entrée de gamme) à plus de 3500 € (shaper haut de gamme custom). Voici les fourchettes 2026 à connaître.

Entrée de gamme (soft-top 250-450 €)

Pour débuter sans casser sa tirelire : Softech, Catch Surf, Wavestorm, Decathlon Olaian 500 8’6 / 9’0. Robustes, sécurisants, mais sensation limitée. Idéal pour 30-50 sessions, puis revente sans perte ou cession à un proche débutant.

Milieu de gamme (planche neuve 700-1100 €)

Les marques européennes et asiatiques offrent du PU/époxy correct : NSP, Torq, BIC Surfboards, Salt Gypsy, Cooperfish entry. Bon shape, finition correcte, large gamme. C’est la fourchette du longboarder régulier non puriste.

Haut de gamme (shaper réputé 1500-3500 €)

Les vrais shapes de référence : Takayama, Robert August, Bing, Hap Jacobs, Tyler Surfboards, Cooperfish, Joel Tudor. Achat-investissement, certains modèles prennent même de la valeur. Compter 3-6 mois de délai sur un custom.

Occasion (Le Bon Coin, Surf Shops)

Le marché occase français est vivace. Le Bon Coin, Vinted Sport, marketplaces spécialisées (Boardshop, Hawaiisurf occase), groupes Facebook locaux (Hossegor, Biarritz, Lacanau). Inspecter pressures, dings réparés, twist (vrille). Économie de 40-60 % sur du neuf récent. Notre guide général sur le choix d’une planche de surf détaille les pièges à éviter.

FAQ — choisir son longboard de surf

Quel longboard pour un débutant ?

Pour débuter, visez un mini-mal 8’0 à 9’0 en soft-top ou époxy, volume 75-90 L pour un rider de 70-80 kg. Setup 2+1 ou single fin court. Évitez le pur noserider 9’6 classique, trop spécialisé et peu indulgent dans des conditions moyennes. Marques accessibles : Olaian (Decathlon), Softech, Torq, NSP. Budget 350-700 €. Après 30-50 sessions et une maîtrise du take-off, vous pourrez monter en gamme et viser une vraie planche shapée.

Longboard ou shortboard pour progresser ?

Tout dépend de vos vagues et de vos ambitions. Sur la côte atlantique européenne avec ses vagues souvent molles et ses tailles modestes 50 % de l’année, le longboard maximise le temps debout sur la planche et accélère l’apprentissage des fondamentaux (rame, take-off, trim). À l’inverse, si vous visez des manœuvres radicales et surfez majoritairement des vagues creuses, le shortboard est l’outil cible. Beaucoup de surfeurs intermédiaires ont les deux et alternent selon les conditions.

Quelle taille de longboard selon ma taille ?

Règle empirique : longueur planche = taille rider + 90 cm minimum. Un rider de 1,70 m vise 2,60 m minimum (8’7), idéalement 9’0 à 9’4. Un rider de 1,85 m monte à 9’4 à 9’8. Pour noseride pur : ajoutez 15-30 cm. Pour un mini-mal évolutif : retirez 30-60 cm. Vérifiez aussi le volume : 0,9 à 1,1 L par kg pour un usage polyvalent, 1,2-1,4 L/kg pour débuter.

Single fin ou 2+1 ?

Le single fin offre la glisse pure, le pivot fluide, le noseride authentique. Le 2+1 ajoute deux side bites qui accrochent dans les virages et permettent un surf plus engagé. Conseil pratique : si vous achetez votre premier longboard, choisissez un 2+1 et apprenez à surfer dans les deux configurations (avec ou sans side bites). Vous bénéficierez de la polyvalence sans renoncer au feel single fin quand vous voudrez styliser.

Combien coûte un longboard neuf ?

Fourchettes 2026 en France : soft-top débutant 250-450 €, planche shapée milieu de gamme 700-1100 € (NSP, Torq, BIC, Salt Gypsy), haut de gamme custom shapé 1500-3500 € (Takayama, Robert August, Bing, Hap Jacobs). À ces tarifs, ajouter fin 60-180 € (souvent fournie en stock, à upgrader rapidement), leash 25-40 €, housse 80-180 €, wax 4-8 €.

PU ou époxy pour un longboard ?

Le PU reste la référence pour le feel et le flex, prisé des puristes du noseride. L’époxy gagne en poids (1 à 3 kg de moins), durabilité (résiste mieux aux dings) et flottaison (volume utile supérieur à dimensions égales). Pour un usage week-end avec transport en voiture et voyages occasionnels, l’époxy s’impose. Pour un usage strict local avec exigence sensorielle maximale et planche stockée chez soi, le PU garde l’avantage.

Peut-on noseride sur n’importe quel longboard ?

Non. Le noseride exige des caractéristiques précises : rocker très plat au nose, concave sous le nose (canal qui aspire la planche dans la vague), nose volumineux et large, single fin long (9 à 10 pouces) à dérive. Une HPLB rockerée ou un mid-length ne permettront que des cross-step occasionnels, pas de vrais hang-five ou hang-ten tenus. Vérifiez la fiche shape : un « nose-rocker » sous 5 cm sur 12 pouces et un concave net = noserider conçu pour.

Quelles marques de longboard les plus réputées ?

Les références mondiales : Robert August, Donald Takayama, Bing Surfboards, Hap Jacobs, Tyler Surfboards, Joel Tudor, Cooperfish (héritage californien et hawaïen). Côté plus accessible : NSP, Torq, BIC Surfboards, Channel Islands Mid, Stewart Surfboards, Salt Gypsy. Pour les soft-tops débutant : Softech, Catch Surf, Wavestorm, Olaian (Decathlon).

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