Skip to main content

Le fish board est l’une des planches les plus emblématiques du surf moderne. Dessiné en 1967 par Steve Lis à San Diego pour le kneeboarding, ce shape court, large et au tail échancré en queue de poisson a marqué une rupture avec le shortboard pointu de l’époque. Tombé dans une relative confidentialité dans les années 80-90, le fish a connu un puissant regain de popularité depuis les années 2010, porté par les retro fish et les hybrides modernes. En 2026, il occupe une place centrale dans le quiver de tout surfeur qui veut tirer parti des petites vagues molles d’été.

Swallow tail fish board avec twin keel fins gros plan

Planche de surf fish retro plantée dans le sable au coucher de soleil

Qu’est-ce qu’une planche de surf fish ?

Un fish board est une planche de surf courte (généralement entre 5’4 et 6’4), large (entre 20″ et 22″), épaisse et au volume généreux, reconnaissable à son swallow tail (queue en V échancrée évoquant la queue d’un poisson). C’est cette silhouette qui a donné son nom au shape. Conçu à l’origine en twin fin, le fish privilégie la vitesse en ligne droite et la fluidité plutôt que la radicalité d’un shortboard performance.

Origines : Steve Lis et le retro fish des années 70

L’histoire du fish commence en 1967, quand Steve Lis, kneeboarder de La Jolla (Californie), shape une planche courte et large à swallow tail pour mieux ride en position genou. Le design séduit rapidement les surfeurs debout. Dans les années 70, des shapers comme Skip Frye, Jeff Ho ou Dick Brewer popularisent le shape sur la côte ouest américaine. En 1972, l’Australien Jim Blears remporte le championnat du monde sur un fish, ancrant définitivement la planche dans l’histoire du surf de compétition.

Le regain depuis 2010 : retro et hybrides modernes

Après une éclipse dans les années 80-90 dominées par les shortboards radicaux, le fish revient en force dans les années 2000-2010 sous l’impulsion de shapers comme Rob Machado, Mark Richards ou la team Lost. Aujourd’hui, deux familles cohabitent : le retro fish fidèle au shape original (keel fins, faible rocker), et les modern fish ou performance fish qui intègrent des éléments contemporains (quad setup, rocker plus prononcé, concaves multiples).

Anatomie d’un fish : shape, tail, rocker et dérives

Comprendre l’anatomie d’un fish board aide à choisir le bon modèle selon son style. Quatre éléments structurent ce shape : le swallow tail, la largeur (wide point avancé), le rocker plat et la configuration des dérives.

Swallow tail et largeur (wide point)

  • Swallow tail : la queue échancrée crée deux pinces latérales qui augmentent la surface portante en sortie tout en gardant deux rails accrocheurs. Résultat : de la vitesse et de la tenue en bottom turn.
  • Largeur 20″-22″ : un fish est sensiblement plus large qu’un shortboard (18″-19″). Cette largeur, combinée à un wide point avancé (plus près du nose que sur un shortboard), donne stabilité et flottaison en take-off.
  • Volume généreux : un fish de 5’8 affiche typiquement 30 à 35 litres, contre 25-28 litres pour un shortboard équivalent.

Twin, quad ou keel fins : quelle configuration ?

La configuration des dérives transforme radicalement le ride feel d’un fish. Trois écoles dominent :

Setup Sensation Idéal pour
Keel fins (retro) Glisse longue, drive puissant, manoeuvres lentes et amples Style fluide, vagues petites à moyennes, surfeur cherchant le feeling vintage
Twin fin moderne Vivacité, lâcher de tail facile, take-offs précoces Petites vagues rapides, style skate-influenced
Quad fin Vitesse en ligne droite, accroche en virage, polyvalence Toutes conditions, surfeurs qui veulent compromis entre drive et manoeuvrabilité

Beaucoup de fish modernes acceptent les trois setups via une plaquette à 5 boîtiers (deux principaux + deux side bites + un boîtier central). Tester chaque configuration sur la même planche est l’un des meilleurs moyens de progresser dans la lecture des dérives.

Gros plan sur le swallow tail d'une planche fish avec deux dérives twin

Pour quelles vagues le fish est-il performant ?

Le fish board est avant tout conçu pour les petites vagues molles, sectionnées et lentes — typiquement les vagues d’été en France (Hossegor, Biarritz, La Torche) ou les beach breaks d’épaule à torse haute (waist-to-shoulder high). Sa flottaison et sa surface plate lui permettent de générer de la vitesse là où un shortboard pédale dans la mousse.

Petites vagues molles d’été

C’est le terrain de jeu naturel du fish. Là où un shortboard performance 6’0 / 27L cale en take-off, un fish 5’8 / 32L glisse, prend la vague et trace une ligne fluide jusqu’à la fermeture. Le secret : ramer moins, plus tôt, et laisser la planche faire le travail.

Vagues sectionnées et lentes

Quand la vague casse mollement par sections, le fish enchaîne mieux qu’un shortboard. Sa vitesse instantanée permet de franchir les flat sections sans perdre d’énergie. En revanche, dès que la vague monte au-dessus de l’épaule, devient creuse ou puissante (Hossegor en automne, La Gravière par 1m50+), le fish trouve ses limites : son faible rocker et son wide point avancé pénalisent l’engagement en bottom turn.

Fish vs shortboard vs hybride : quel choix pour quel surfeur ?

Choisir entre fish, shortboard et hybride dépend de trois facteurs : les conditions dominantes que vous surfez, votre niveau, et le ride feel que vous cherchez. Voici les distinctions clés.

Fish vs shortboard performance

Critère Fish Shortboard
Longueur typique 5’4 à 6’4 5’10 à 6’4
Largeur 20″-22″ 18″-19,5″
Volume / poids 70 kg 30-35 L 26-29 L
Rocker Faible à modéré Prononcé
Setup Twin / quad / keel Thruster
Conditions idéales Petit à moyen, mou Moyen à gros, creux et puissant
Apprentissage du carving Plus tolérant Plus exigeant

Hybride et midlength : les alternatives

Entre le fish et le shortboard, deux familles intermédiaires se développent. Les hybrides (egg, mini Simmons, groveler) reprennent le volume du fish avec un outline plus arrondi et un thruster setup. Les midlengths (6’8 à 7’8) ajoutent de la longueur pour plus de glisse et de stabilité, et conviennent aux surfeurs qui aiment poser des bottom turns longs et amples. Pour creuser le sujet, lisez notre guide pour choisir un spot adapté à son niveau.

Quel niveau pour surfer un fish ?

Le fish board est généralement classé comme une planche pour surfeur intermédiaire. Ce n’est pas une planche d’apprentissage, malgré sa flottaison généreuse qui pourrait le laisser penser.

Surfeur intermédiaire et confirmé

L’intermédiaire (capable de partir à la rame sur des vagues d’épaule, de prendre des départs latéraux et d’enchaîner quelques bottom turns / cutbacks) tire le maximum d’un fish. Le confirmé y trouve un outil ludique pour les petits jours et pour explorer des lignes différentes (carving long, glide, manoeuvres skate-style).

Pourquoi le fish n’est pas idéal pour débutants

Un débutant a besoin d’une planche stable en take-off, pardonnante en wipeout et conçue pour des départs droits dans la mousse. Le fish, malgré son volume, présente un rocker faible qui le rend nerveux dès que la vague accélère, et un swallow tail qui complique le retour à la rame. Pour démarrer, mieux vaut une planche en mousse ou un longboard / minimal. Notre guide du surf détaille la progression matériel par niveau.

Comment choisir son fish : longueur, volume, technologie

Trois paramètres déterminent le bon fish pour vous : la longueur (en fonction de votre taille et niveau), le volume (en fonction de votre poids et de la qualité des vagues que vous surfez), et la technologie de construction (PU, EPS, époxy).

Calcul du volume idéal selon poids et niveau

La règle empirique pour un fish reste simple : multiplier son poids (en kg) par un coefficient selon le niveau.

Niveau Coefficient volume Exemple pour 70 kg
Intermédiaire 0,42 à 0,48 29 à 34 L
Confirmé 0,38 à 0,42 26 à 29 L
Expert 0,34 à 0,38 24 à 27 L

Pour la longueur : la plupart des surfeurs intermédiaires entre 65 et 80 kg trouveront leur compte dans un fish entre 5’8 et 6’2. Plus la vague est petite et molle, plus le volume doit être généreux.

PU vs EPS / époxy : quelle construction ?

  • PU (polyuréthane) : la construction historique. Flex naturel, ride feel « classique », absorption des vibrations. Plus lourd, plus fragile, et un peu plus cher à long terme.
  • EPS / époxy : mousse expansée + résine époxy. Plus légère, plus résistante aux chocs et au jaunissement, mais ride plus nerveux. Avantage net pour les voyages aériens.
  • Construction technique (Channel Islands Spine-Tek, Lost Carbon Wrap, Firewire) : carbon stringers, sandwich, ride dynamique et durabilité supérieure, mais ticket d’entrée plus élevé.

Où acheter un fish board (neuf, occasion, retro) et à quel prix

Le marché du fish board en France est mature : on trouve des modèles neufs chez les principaux surf shops d’Hossegor, Biarritz et Lacanau, ainsi que sur les boutiques en ligne spécialisées. L’occasion est également florissante, notamment pour les retro fish issus de petits shapers indépendants.

Neuf : marques iconiques

Côté grandes marques, les fish boards et hybrides modernes les plus reconnus incluent Lost (RNF, Puddle Jumper), Channel Islands (Twin Pin, Fish Beard), Album Surfboards (Twinsman, Insanity), JS Industries, Firewire (Seaside et Sweet Potato signés Rob Machado), DHD. Comptez entre 650 et 1100 euros pour un fish neuf en construction PU ou EPS standard, et jusqu’à 1300-1500 euros pour les constructions techniques.

Occasion et retro fish

L’occasion permet de descendre à 250-500 euros pour un fish en bon état. Les plateformes comme LeBonCoin, des groupes Facebook spécialisés ou les bourses aux planches des surf shops d’Hossegor restent les meilleures pistes. Les retro fish en keel twin shapés à l’unité par des shapers locaux (Pyrenees Surf, Glide Surfboards, Walden) gardent une cote stable, parfois équivalente au neuf. Avant tout achat d’occasion, vérifiez la stringer (pas de fissure), les boîtiers de dérives et le tail (zone la plus fragile).

Comment surfer un fish : technique de take-off et trim

Surfer un fish board ne se résume pas à monter dessus. Le ride feel est différent d’un shortboard : il faut adapter le placement sur la planche, le timing du take-off et la manière de prendre les virages.

Take-off plus en arrière, rame en cadence

Le wide point avancé du fish déplace le centre de portance vers l’avant. En conséquence, le take-off se fait plus en arrière sur la planche que sur un shortboard (les pieds plus proches du tail). Le coup de rame est moins explosif mais plus en cadence : la planche glisse vite, inutile de forcer en finale. Sur les petites vagues, partir à mi-épaule de la vague (avant qu’elle ne casse) maximise la glide initiale. Pour réviser les fondamentaux, consultez notre tutoriel take-off débutant.

Trim, carving et lecture des dérives

Le fish excelle dans le trim (glisse en ligne, en se laissant porter par l’épaule de la vague) et le carving (virages longs et amples). Pour engager un bottom turn, transférez le poids sur le pied arrière en gardant le regard vers la section suivante. Les cutbacks sur un fish se font plus larges et plus ronds que sur un shortboard. Pour progresser dans les bonnes conditions, lisez aussi notre sélection des meilleurs spots de surf en France.

FAQ : les questions fréquentes sur le fish board

Qu’est-ce qu’une planche de surf fish ?

Une planche de surf fish est un shape court (5’4-6’4), large (20″-22″) et au tail en queue de poisson (swallow tail). Conçue par Steve Lis en 1967, elle privilégie la vitesse et la flottaison sur les petites vagues molles plutôt que la radicalité d’un shortboard.

Pour quelles vagues le fish board est-il idéal ?

Le fish board est idéal sur les petites à moyennes vagues molles et sectionnées (waist to shoulder high), typiques des beach breaks français en été. Il génère de la vitesse là où un shortboard cale. Au-delà d’1m50 puissant, ses limites apparaissent.

Un débutant peut-il surfer avec un fish ?

Non, le fish board n’est pas recommandé pour débuter. Malgré son volume, son rocker faible et son swallow tail le rendent peu pardonnant en take-off et en wipeout. Un débutant doit privilégier une planche en mousse, un longboard ou un minimal jusqu’à maîtriser les départs latéraux.

Quelle est la différence entre un fish et un shortboard ?

Le fish est plus court, plus large, plus volumineux et au rocker plus plat qu’un shortboard. Il se monte en twin, quad ou keel fins là où le shortboard est thruster. Le fish brille sur petites vagues molles, le shortboard sur vagues moyennes à grosses et puissantes.

Combien coûte une planche de surf fish ?

Un fish neuf coûte entre 650 et 1100 euros en construction PU ou EPS standard, et jusqu’à 1500 euros en construction technique (Spine-Tek, Carbon Wrap, Firewire). En occasion, comptez 250 à 500 euros selon l’état et la marque.

Quel volume choisir pour un fish board ?

Pour un surfeur intermédiaire de 70 kg, visez 30 à 34 litres. Pour un confirmé, 26 à 29 litres. Multipliez votre poids en kg par un coefficient entre 0,38 (expert) et 0,48 (intermédiaire qui veut maximiser la flottaison) pour obtenir le volume cible.

Faut-il monter le fish en twin, quad ou keel fins ?

Cela dépend du ride feel recherché. Keel fins pour un style fluide et un drive vintage. Twin fin moderne pour la vivacité et le lâcher de tail. Quad pour le compromis vitesse-accroche. Beaucoup de fish à 5 boîtiers permettent de tester les trois setups.

Où acheter un fish board en France (Hossegor, Biarritz, occasion) ?

Les surf shops d’Hossegor, Biarritz et Lacanau proposent les principales marques (Lost, Channel Islands, Album, JS, Firewire). L’occasion se trouve sur LeBonCoin, des groupes Facebook spécialisés et les bourses aux planches saisonnières. Pour les retro fish shapés à l’unité, consultez les shapers locaux (Pyrenees Surf, Glide Surfboards).

Conclusion

Le fish board n’est ni un effet de mode ni une planche secondaire : c’est un shape historique, ressuscité par les meilleurs shapers contemporains, qui répond à un besoin précis du surfeur intermédiaire à confirmé — performer sur les petites vagues molles qui dominent la majorité des sessions en France. Bien choisi (volume calibré sur le poids, longueur entre 5’8 et 6’2 pour la plupart, setup adapté au style), il devient l’arme secrète des sessions d’été à Hossegor, Lacanau ou La Torche. Et si vous hésitez encore entre fish et shortboard, retenez ceci : le fish ride bien là où le shortboard pédale, et le shortboard ride bien là où le fish décroche. Les deux sont complémentaires dans un quiver complet.

5/5 - (50 votes)

Likeepic, c'est le magazine français des sports de glisse. Notre équipe de riders et de passionnés couvre l'actualité, le matériel, l'apprentissage et les spots de toutes les disciplines : surf, bodyboard, skimboard, kitesurf, wing foil, windsurf, skate, wakeboard, snowboard et ski. Notre parti pris : des guides écrits depuis le terrain par des pratiquants, pas par des rédacteurs distants. De l'eau à la neige, on teste, on pratique, et on partage ce qui marche vraiment.